L’Ambiguïté de l’Islam : Entre Politique et Religion

Publié le 20 Mai 2024

Pour bien comprendre la distinction entre Islam politique et religieux, il est indispensable de plonger dans l’histoire de Mahomet. Ce dernier a commencé sa vie comme mystique et prophète, annonçant un dieu unique et tendant la main aux juifs et aux chrétiens, prônant l’acceptation de la diversité (courant mecquois, représentant un Islam minoritaire). Les versets de cette période mecquoise se trouvent dans le Coran et constituent environ un quart de son contenu.
 
Cependant, face au rejet de son message, Mahomet a opéré un revirement et s’est exilé à Médine en 622 (l’Hégire, en arabe : هِجْرَة, hijra, signifiant « émigration », « exil », « rupture », « séparation »). Dès lors, son discours s’est durci, devenant plus intolérant, guerrier et violent. Depuis, les courants mecquois et médinois cohabitent, bien que souvent contradictoires. Au 10ème siècle, les ouléma (ou uléma, de l’arabe علماء ʿulamā’, pluriel de عالم ʿālim, désignant les théologiens de l’islam) ont choisi de privilégier les versets médinois au détriment des versets mecquois, établissant ainsi la théorie de l’abrogeant et de l’abrogé (mansûkh, en arabe : مَنْسوخ [mansūḫ], « abrogé », et nâsikh, ناسِخ [nāsiḫ], « abrogatif »).
 
En clair, certains versets (ʾāyāt) du Coran sont dits mansûkh (آية مَنْسوخة [āya mansūḫa], « verset abrogé ») lorsqu’une révélation ultérieure les modifie ou les corrige. Ce verset correctif est alors dit nâsikh (آية ناسِخة [āya nāsiḫa], « verset abrogatif »). Ainsi, les derniers versets abrogent les premiers. Il est donc malhonnête d’invoquer les premiers versets, sachant qu’ils ont été abrogés.
 
L’islamisme, forme politique de l’Islam, se veut intégral, intégrant et intégrateur (Henri Boulad). Il impose une société de A à Z, dictant tous les comportements et reposant sur la charia (en arabe : الشَّرِيعَة, šarīʿa). L’islamisme persécute l’islam libéral, en particulier les Soufis (mystiques musulmans). L’argument de l’épée a soumis tous les opposants. Face à l’ambiguïté des deux courants, les musulmans ont tranché en faveur du médinois sur le mecquois.
 
Aujourd’hui, l’Islam se trouve dans une impasse, et de nombreux fidèles quittent cette religion pour l’athéisme, refusant de s’associer à une religion politique. Le livre "La Foi et le Sens" du père Henri Boulad, édité chez Mediaspaul, explore la foi en termes de sens, offrant une voie éclairée. L’Islam contemporain semble s’être enfermé dans un obscurantisme marqué par la violence, l’autoritarisme et le totalitarisme religieux.
 

Rédigé par La fourmi prolo

Publié dans #Histoire et Débats Sociétaux

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